Objectif Fisahara

Objectif Fisahara

Dans « Objectif FISahara », des histoires se tissent, des récits se chevauchent, des vies s’entrecroisent, celles d’individus qui persistent à penser que les expressions telles que la photographie, le cinéma ou la parole écrite parviennent encore à refléter et à transformer nos divers cadres de vies. L’exposition raconte l’histoire d’un festival qui, grâce à des efforts soutenus et après six éditions, est parvenu à amener le cinéma jusqu’à l’un des endroits les plus retirés de la planète. Cet isolement est dû non seulement à sa situation au cœur du désert mais aussi à l’oubli de la communauté internationale et au bannissement de la part de la presse que subit le peuple sahraoui après 30 années d’exil dans le sud de l’Algérie. Muros, le texte d’Eduardo Galeano qui sert de fil conducteur à l’exposition, met en évidence de manière lucide la situation d’injustice que vivent ceux qui ont été spoliés de leurs terres et sont contraints de vivre dans des camps de réfugiés. La profondeur politique de ce texte s’accompagne des photos prises par les photographes Per Rueda, Sergio Caro, Joss Barratt, Manuel Fernández, Xavier Gil Dalmau et Casper Hedberg, ainsi que par les réalisateurs Sergio Catá, Félix Piñuela, Javier Corcuera et Fernando León. Ils content leurs propres histoires, attirés par le défi du festival où ils s’étaient rendus sans d'autre but que de documenter cet événement épique. Ces images nous permettent de sentir le sable, la proximité et la complicité entre ceux qui y vivent et ceux qui y voyagent, la chaleur du soleil, les projections en plein air dans la nuit froide, le faisceau de lumière au milieu du désert noir, la magie qui sort d'un générateur et le fait d’obtenir ce qui apparemment était impossible. Bref, des images qui nous parlent de la capacité d'illuminer les visages avec des émotions, des rires ou des larmes, quelque chose qui reste mystérieuse et essentielle, ce qui indique qu'il y a encore une énigme sacrée au-delà du simple spectacle, quelque chose de commun à nous tous, quelque chose qui nous unit dans l'art, dans ce silence expressif.

Cette exposition a été rendue possible grâce au soutien de l’association Amigos del Pueblo Saharaui de San Sebastian et de la société de production Lotura Films